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Domaine du journalisme

Julien Duez

Le journalisme  franco-allemand et le football

Il a fallu à Julien Duez plusieurs années pour s’orienter finalement vers le département d’études germaniques de la Sorbonne Nouvelle. Suite à un Bac général ES, une Licence d’Information-Communication puis un Master d’Études Européennes à Bruxelles, il se spécialise en 2016 et intègre le Master 2 de Journalisme franco-allemand de la Sorbonne Nouvelle.

Une passion pour l’allemand de longue date

Julien a classiquement débuté son apprentissage de la langue allemande au collège, mais c’est à partir du lycée, grâce à sa professeure, qu’il développe une appétence pour la civilisation allemande. Il part notamment plusieurs fois en échange dans des familles à Berlin et en Saxe, où il découvre la culture populaire à travers les séries, les films ou encore la musique. Là-bas, il prend connaissance parallèlement du football en tant qu’objet de discussion commun. Pendant ses études d’Information-Communication en Belgique, il étudie l’anglais et le néerlandais mais conserve l’allemand en option à partir de la L3. Le mémoire de son Master d’Études Européennes portait sur la nostalgie des joueurs de football de l’Allemagne de l’Est. Le Master 2 proposé par la Sorbonne Nouvelle lui permet de reprendre plus intensivement l’allemand ainsi que sa passion initiale pour le journalisme.

Son activité professionnelle

Julien travaille aujourd’hui pour la rédaction du site web du magazine SoFoot, rattaché à SoPress. Mais, il a aussi effectué des missions pour Neues Deutschland et pour un magazine de presse en Autriche ou encore au programme de la fondation Bosh au Tagesspiegel.

Sa spécialisation en allemand l’a beaucoup aidé dans ce métier relativement précaire et avec une immense concurrence. Bien qu’il ne se considère pas, par modestie peut-être, bilingue, son niveau lui suffit largement pour mener des interviews et les retranscrire à l’écrit. Ce qu’il aime dans son travail, c’est de souvent se déplacer afin de couvrir des sujets variés (Côte d’Ivoire, Turquie, Macédoine, Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, …).

Un travail récompensé

Et, il est reconnu pour cette passion. En effet, en Mai 2020, quatre de ses articles lui valent d’être nominé dans la catégorie jeune et dans la catégorie du meilleur reportage écrit. Puis, en Juin 2020, il obtient le prix du journalisme franco-allemand dans la catégorie jeune dont la cérémonie de remise s’est déroulée à Berlin.

Se démarquer grâce à l’allemand

Il nous confie qu’il n’a pas eu un fort attachement pour la Sorbonne Nouvelle puisqu’il n’est resté que 6 mois en cours dans une toute petite promotion de 6 étudiants pour enchaîner sur la période de stage. C’était d’ailleurs la première fois dans sa vie qu’il a assisté à l’entièreté des cours de l’année. Donc, il n’a pas pu compter sur un fort réseau d’alumni. Mais, ses études au département d’études germaniques lui ont permis de se démarquer dans son métier et de développer sa passion pour la culture allemande, notamment à travers le football.

 SML & LRM (nov. 2021)

Céline Béal

Journaliste indépendante en Autriche, diplômée du master professionnel de Journalisme européen de la Sorbonne Nouvelle

 « Je n’avais aucune idée que je partirais en Autriche. […] C’est le hasard. Je me suis dit, on va aller voir comment c’est à Vienne, et en fait, c’est très sympa alors je suis restée. » 

C’est au coin du feu, entourée par des plantes et des effluves de clémentine, que je suis attablée avec Céline Béal, l’auteur de cette phrase mystérieuse. Je suis rassurée lorsque j’entends sa voix, mais encore faut-il qu’elle me comprenne elle aussi. À travers un écran, les entretiens perdent de leur spontanéité. L’interview cède toutefois la place à un échange assez naturel, puisque la journaliste, intéressée, me pose quelques questions en retour. J’ai presque l’impression qu’elle est assise sur la chaise en face de moi.

Un parcours déjà germaniste 

Céline Béal a étudié l’allemand dès la sixième, c’était sa première langue vivante. Ensuite, elle a fait la classe européenne « allemand ».

Après trois ans de prépa au lycée Henri IV, la journaliste en devenir continue son parcours par une année de master Allemand-histoire à la Sorbonne Nouvelle, ce qui s’accorde parfaitement avec son intérêt pour la langue et les civilisations allemandes, attisé par son expérience en prépa.

Céline Béal avait déjà l’intention de faire le master de journalisme européen option franco-allemande. Pour être acceptée dans cette formation, elle devait améliorer son niveau d’allemand à l’oral. Rien de mieux que de s’immerger en Allemagne une deuxième fois pour cela. En effet, elle avait déjà passé un été à Berlin comme jeune fille au pair juste avant son Master 1. Cette fois-ci, cap sur Hambourg : elle y passe un an dans le cadre du programme d’échange d’assistant.e.s de langues étrangères.

L’importance de réaliser des stages 

De retour à Paris pour le master de journalisme franco-allemand, celui-ci a marqué l’ancienne étudiante : “J’ai aimé l’échelle disons familiale de la formation [à la Sorbonne Nouvelle] et certains professeurs qui avaient de très grandes connaissances m’ont permis d’avoir des clefs de réflexion sur mon travail. […] Et puis conjuguer journalisme et approfondissement de l’allemand, cela a bien marché pour moi”.

Le second semestre du master a donné à Céline Béal l’occasion de réaliser plusieurs stages dans différents journaux (Le Dauphiné libéré et Die TAZ), magazines (Le Courrier du Parlement) et radios. Il faut savoir qu’à l’époque, il s’agissait d’un Master professionnel en un an qu’on intégrait au niveau M2 ; le second semestre était entièrement dédié aux stages.

La journaliste semble avoir gardé un souvenir positif de cette partie de ses études : “Les stages ont été vitaux pour commencer dans la profession, pour savoir vraiment écrire des articles, faire des papiers pour la radio, apprendre en observant d’autres journalistes, voir comment “être” une journaliste, être inspirée. Je n’ai pas beaucoup de souvenirs de mes premiers jours de stage – c’était il y a presque 10 ans ! Mais dans une rédaction locale d’un journal de PQR[Presse Quotidienne Régionale française][…], j’ai été invitée dès le premier jour à me joindre à un dîner – le maire de la commune invitait les chefs de la rédaction”. Céline Béal ajoute que ce fut intéressant pour observer les liens du journalisme et de la politique à l’échelle locale.

Etre journaliste à l’étranger 

La journaliste indépendante relate l’actualité autrichienne pour les Français. Elle travaille pour des clients francophones : journaux (Libération), radios (RFI), chaînes de télévision (elle a été correspondante pour France 24, et lors de gros coups d’actualité, pour LCI et la RTBF). Elle travaille seule, mais souligne la nécessité d’avoir un réseau de contacts professionnels : « c’est important d’avoir des contacts quand on est freelance ». 

Dans le cadre de son métier, la journaliste freelance intervient également en allemand dans les médias autrichiens comme la radio Ö1: « Je travaille comme si j’étais Autrichienne », complète-t-elle. 

Céline Béal utilise aussi l’anglais, mais peu souvent. Il lui arrive d’interviewer des personnes non-germanophones de passage en Autriche, ou des réfugiés qui ne maîtrisent pas encore la langue. 

Qu’est-ce qui distingue le métier de journaliste en Autriche de celui en France ? 

« Je ne sais pas vraiment répondre parce que je n’ai jamais été freelance en France », répond la journaliste française en Autriche.

Cependant, Céline Béal connaît une distinction sur le plan juridique : en France, le pigiste a un statut équivalent à celui des employés (il dispose des mêmes avantages sociaux et des mêmes droits du travail). En Autriche, ce statut n’existe pas.

L’autre différence concerne le parcours des journalistes : en Autriche, il n’y a pas besoin d’avoir fait une école de journalisme comme c’est le cas en France. La diversité des horizons est « tout à fait reconnue et appréciée », les parcours d’études sont très divers : « sociologie, théâtre, biologie, pédagogie…», précise Céline Béal. Finalement, l’Autriche aura donc été un meilleur point de départ que la France pour la carrière de notre diplômée du master de journalisme, qui a choisi la Sorbonne Nouvelle et une formation franco-allemande plutôt qu’une école pour devenir journaliste.

Son parcours prend son sens, et pourtant l’Autriche n’était pas un pays ciblé par Céline Béal : “J’ai débarqué en janvier 2014 en Autriche en connaissant à peine le pays”.

A.H. (novembre 2020)

Sophia Andreotti

journaliste et rédactrice free-lance, est une enfant du franco-allemand

« Le franco-allemand doit devenir plus audacieux et plus englobant ».

Sa famille, son éducation, ses études, son travail : sa vie est imprégnée par les deux pays depuis toujours. Cette Française de 31 ans s’est installée à Berlin après avoir obtenu son diplôme de Master Journalisme franco-allemand. 

Sophia est née et a grandi en France avec une mère allemande. Enfant, le seul contact qu’elle avait avec l’Allemagne et l’allemand était lors des nombreuses vacances en famille dans la maison de sa grand-mère, en Sarre. Pour elle, cette Allemagne était une sorte de paradis, un univers en dehors de sa ville de naissance Reims. L’histoire de la ville et la signification de la cathédrale de Reims pour les relations franco-allemandes ne l’ont pas laissée indifférente. Comme la France et l’Allemagne ont joué un rôle important dans l’intégration européenne, son regard sur l’Europe a toujours été au-dessus du franco-allemand. Ses origines polonaises et italiennes y ont également contribué.

Ces enjeux familiaux franco-allemands et européens, ainsi que son parcours scolaire en classes européennes, n’ont pas manqué d’influencer son choix d’étude. Le fait que l’allemand soit « la voie d’excellence en France », comme l’observe Sophia, et la possibilité de s’élever socialement par cette voie, l’ont finalement poussée à opter pour une licence d’allemand à Paris IV. L’objectif était d’intégrer par la suite une école de journalisme pour accéder à ce métier. Le master Pro en Journalisme franco-allemand à la Sorbonne Nouvelle lui a permis de construire une bonne base.

La jeune femme porte un regard critique sur le système universitaire français, en général, mais surtout sur sa préparation à la vie professionnelle. Si les études d’allemand en licence et en master à Paris IV lui ont permis d’acquérir de nombreuses connaissances sur les deux pays, elle critique cependant l’insertion professionnelle. L’université ne s’engagerait pas assez pour aider à « mener de plus grands projets, à intégrer des rédactions », ou encore pour  la recherche d’un stage. Le système français et la réputation des Grandes Écoles donnent l’impression qu’un cursus universitaire est presque insignifiant, d’où l’importance d’un bon stage qui pourrait compenser ce manque sur le CV. Elle encourage notamment la création d’un réseau pour les étudiants à travers les stages. C’est une chance que les profils franco-allemands soient très recherchés sur le marché de travail!

Selon Sophia, le monde franco-allemand peut parfois paraître plutôt refermé sur lui-même pour un observateur extérieur. Un manque d’ouverture qui se reflèterait dans le macro-monde du franco-allemand qui, toujours d’après elle, n’est pas toujours à la hauteur des réalités actuelles. Elle souhaiterait par exemple qu’il soit accessible aux jeunes étudiants, apprentis et travailleurs. Il serait positif que le franco-allemand affronte cette réalité en étant « plus englobant et plus audacieux ». 

Sophia essaie d’y contribuer en tant que journaliste. Garder son histoire et son âme franco-allemandes n’empêche pas de rester ouverte à d’autres univers. Et pour elle, il n’y a pas de meilleur endroit pour y parvenir qu’à Berlin, où elle a trouvé un contexte cosmopolite où tout cela est possible. 

mwf (janvier 2019)

Marjolaine Portier-Kaltenbach

attachée de production à France Musique

« La scène musicale allemande foisonne de grands artistes et il n’est pas rare que l’on soit amenée à les interviewer en allemand! »

« Pour être franche, j’ai atterri à la Sorbonne Nouvelle de manière un peu fortuite. L’année précédent mon Master Recherche en Etudes germaniques, j’ai passé 6 mois en Erasmus à Berlin. Or, comme la Freie Universität avait mis une éternité à m’envoyer mes résultats, et que j’ai mis quant à moi un certain temps à les faire traduire par un traducteur agréé, je n’ai eu mon attestation de licence que très tardivement, et il n’y a que Paris 3 qui acceptait encore que l’on s’inscrive en septembre. Il se trouve que la fac était tout près de chez moi et qu’une bonne amie avec laquelle j’étais en licence à l’Université catholique s’y était aussi inscrite, tout cela se goupillait donc parfaitement bien! »

« J’ai pris conscience au tout début de mon Master d’Etudes germaniques que je ne souhaitais pas devenir traductrice ou interprète, que l’allemand n’était pour moi pas une fin en soi, et que je souhaitais donc élargir mon champs de compétences. C’est la raison pour laquelle je me suis inscrite à Paris 2 dans un nouveau master, dédié aux médias. En parallèle de ce master que j’ai suivi à Paris 2, j’ai effectué un an d’alternance chez France Musique (chaîne du groupe Radio France), puis mon contrat d’alternance a été prolongé d’un an avant de se transformer en CDD. C’est là que je travaille encore actuellement. »

« Lors de mon entretien d’embauche à France Musique, je me rappelle d’avoir dit à mon actuel patron: j’ai bien conscience que je n’ai pas le parcours exemplaire pour postuler à France Musique : je n’ai pas fait de musicologie mais seulement de l’anglais et de l’allemand… et il m’a immédiatement coupée pour me dire : SEULEMENT de l’allemand ? Vous ne vous rendez pas compte à quel point c’est précieux d’avoir des germanistes ici ! Et effectivement, dès qu’il s’agit de traduire des paroles de Lieder, ou qu’il y a des interviews en allemand, c’est à moi d’agir ! La scène musicale allemande foisonne de grands artistes et il n’est pas rare que l’on doive les interviewer en allemand, dans la mesure où leurs propos perdent bien évidemment toujours un peu de leur sel lorsqu’ils s’expriment en anglais. »

« Mon projet pour l’avenir est de passer d’attachée de production (mon poste actuel, qui consiste à aider les producteurs à préparer leur émission) à productrice moi-même (c’est à dire passer derrière le micro). J’ai présenté mes premiers concerts de jazz à l’antenne l’été dernier et c’était une expérience fantastique! Les chaînes de radio envoient des petits jeunes faire leurs armes derrière un micro chaque été, autrement dit à la période de l’année où les titulaires sont en vacances, c’est une chance inouïe. » 

 otb (en janvier 2019)

Clémence Peyron

journaliste chez Campus Channel à Paris

« Ce qui me plaît, c’est de ne pas être enfermée dans un même métier toute ma vie »

La première chose que je remarque chez Clémence, d’abord dans notre correspondance électronique, puis lorsqu’on se rencontre un soir dans un petit bar du 11e arrondissement, c’est son ouverture d’esprit. Souriante et curieuse, elle me consacre une heure de son temps pour me raconter son parcours autour d’un verre de vin blanc.

Actuellement, Clémence travaille chez Campus Channel, une start-up rachetée par le groupe Le Figaro qui propose des formats variés présentant aux futurs étudiant.e.s différentes écoles, aussi bien en France qu’à l’étranger. Dans ce cadre, Clémence est notamment chargée de l’animation d’une émission qui invite des représentant.e.s d’écoles pour présenter leurs institutions aux lycéen.ne.s et étudiant.e.s qui peuvent ensuite intervenir en live chat. « On fait des reportages dans les écoles aussi, donc on s’est très diversifiés », tient à souligner l’ancienne étudiante de Paris 3. C’est un format qui s’adapte aux changements dans le domaine de l’admission postbac et de la formation universitaire en France ces dernières années: l’équipe a par exemple recruté un expert Parcoursup, même si la grande majorité des écoles présentées font usage de leurs propres concours d’admission.

Cet emploi dans le domaine du vidéojournalisme est la première étape un peu plus permanente dans la carrière professionnelle de Clémence. Les étapes précédentes ? Après un diplôme de Sciences politiques à Sciences Po Aix, elle s’est laissé guider par ses intérêts et ses envies. « Je ne savais pas vraiment vers quoi m’orienter, j’avais adoré mon année à Berlin, j’avais un grand attrait vraiment pour tout ce qui était allemand, la langue, la culture. Mais que faire de ça… ? J’ai donc complété  mon diplôme avec un Master 2 ».

Le Master 2 auquel elle fait allusion, c’est le cursus de Journalisme franco-allemand, proposé parmi les offres de formation du département d’Etudes Germaniques à la Sorbonne Nouvelle. Cette formation ne lui donne pas seulement la possibilité d’approfondir ses compétences en allemand, mais également d’effectuer plusieurs stages de fin d’études, notamment à la Wiener Zeitung, principal quotidien de la capitale autrichienne ainsi que chez Arte à Strasbourg. Un dernier stage à La Chaîne Info (LCI) débouche d’abord sur un travail en tant que commentatrice-rédactrice, puis se transforme en travail à la pige, donc sur la base de contrats d’une journée dont le nombre est limité à l’année, pour éviter l’emploi précaire. Ainsi, pendant quelques années, Clémence acquiert des compétences très variées dans les différents domaines du journalisme, dans des groupes de médias réputés comme LCI et Prisma Media et les start-ups, en alternant entre les piges et les CDD, avant de signer un CDI avec Campus Channel en 2017. Son parcours peut sembler atypique, mais sa flexibilité professionnelle lui a permis de devenir polyvalente : « Je sais faire des vidéos, je sais écrire, je sais passer devant la caméra… Je n’ai pas fait de radio par contre, mais les podcasts, c’est une chose qui m’attire beaucoup », raconte-t-elle.

Cette ouverture d’esprit a donc permis à Clémence d’avoir des expériences enrichissantes dans presque tous les domaines techniques et thématiques du journalisme, en se réservant la possibilité de changer encore de métier et de développer encore d’autres compétences : « Peut-être que demain je travaillerai dans un magazine animalier », dit-elle en souriant. Cette envie de bouger lui permettra éventuellement aussi un jour de renouer un lien avec l’Allemagne et la langue allemande, qui s’est perdu après ses études et qui ne lui sert plus que de temps en temps, mais qui reste tout de même un intérêt personnel auquel elle essaie de se consacrer le plus souvent possible dans son temps libre.

lea (janvier 2019)

Charline Vasseur

journaliste radio et télévision

« rendez-vous compte de la réalité dans laquelle vous voulez évoluer ! »

Réputée difficile, l’allemand est la langue qui conduit à la rencontre avec d’autres cultures. Charline Vasseur, ancienne étudiante en Master de journalisme franco-allemand à la Sorbonne Nouvelle se rappelle avec joie de ses premières rencontres avec la langue allemande : « En 4e, ma famille d’accueil à Wolfenbüttel nous offrait du Jägermeister. C’est ce qui s’appelle cultiver les différences ! » sourit-elle. Mais c’est avant tout la rigueur et l’intransigeance de sa professeur d’allemand au Collège qui l’ont marquée positivement durant ces quatre ans.

Après le lycée elle s’est lancée dans une prépa d’allemand? puis enchaîne avec une licence en Etudes germaniques, puis sort diplômée d’un Master de Traduction éditoriale, économique et technique à la Sorbonne-Nouvelle. Mais est-ce ainsi qu’une langue doit être utilisée ? Le doute s’instaure, et après quelques mois de voyages et de stages, c’est le journalisme qui la tient. Son intérêt pour l’allemand subsiste ; alors elle se lance dans un Master II de journalisme franco-allemand. Pas de tromperie sur la marchandise ! Les deux cultures sont traitées de façon égalitaire et Charline baigne avec joie dans l’interculturalité.

Une série de stages subventionnés par la Konrad Adenauer Stiftung, l’OFAJ ou encore la fondation Robert Bosch viennent compléter la formation. Une bourse de la même fondation lui permet même de partir en Namibie pour réaliser un film documentaire.

Aujourd’hui, elle est restée sur la voie du journalisme : après avoir travaillé cinq ans pour une petite radio matinale à Lille, elle a maintenant envie de réaliser ses propres sujets : « J’ai pu réaliser deux reportages pour Kikeriki, un magazine web radio sur l’écologie en France et en Allemagne. Maintenant je travaille pour différentes télévisions. C’est une escale, cette compréhension de l’image. J’apprends à me distancer de l’info pure et dure ». Le prochain défi ? Jouer de  son atout, les langues, en faire une force dans le profil  « et produire un documentaire 52′ diffusé sur Arte » ajoute-t-elle avec un clin d’œil.

stz (janv.2019)

Romain Bougourd

journaliste sportif et analyste trilingue dans un cabinet de conseil

 « l’allemand est une bonne façon de se démarquer des autres »

« J’ai fait toutes mes études à la Sorbonne Nouvelle et je les ai terminées en septembre 2018. J’ai toujours voulu être journaliste. Au début, je voulais faire une école de journalisme reconnue, mais comme il n’y était pas possible de faire un séjour Erasmus, j’ai préféré entrer à la fac. Je savais déjà qu’à la Sorbonne Nouvelle il y avait ce Master Professionnel de journalisme franco-allemand. Je l’avais en tête, mais il fallait d’abord faire un Master 1. J’ai donc fait ma licence et mon Master 1 d’Allemand-Histoire. Pendant mes études, j’ai pu faire plusieurs stages, en France et en Allemagne. C’était très formateur.

« Mon grand-père était prof d’allemand, sa mère était allemande, on a donc une tradition familiale de l’allemand, d’où sans doute mon choix de faire l’Abibac puis les études de germanistique. Je n’ai jamais regretté d’avoir fait du journalisme franco-allemand: le journalisme est un milieu tellement compliqué si bien que l’allemand est une bonne façon de se démarquer des autres.

« A l’université, on découvre d’autres profils, d’autres personnes qui viennent de pays et de milieux différents, et cela ouvre l’esprit. J’avais toujours cette idée d’aller en Allemagne, car comme c’est un cursus interculturel, c’est aussi important de se frotter à des habitudes étrangères. En Erasmus à Berlin, on était beaucoup d’étudiants français et on se voyait souvent. Dans les cours, c’était un peu compliqué de se mélanger, mais j’ai rencontré des Allemands en faisant du sport, ou en faisant connaissance des colocataires allemands. Pendant mon stage à Francfort, c’était plus facile de s’intégrer parce que je ne connaissais personne, et qu’il n’y avait aucun français avec moi. On progresse plus quand on est avec des locuteurs natifs.

« Actuellement j’ai deux métiers : d’un côté je suis journaliste sportif pigiste. De l’autre, j’ai un travail à plein temps et stable : analyste trilingue dans un cabinet de conseil. C’est un domaine que je ne connaissais absolument pas. J’ai été pris parce que je parlais l’allemand. Tous ceux qui sont dans l’entreprise où je travaille sortent d’écoles de commerce et parlent tous français et anglais. Avant, je n’avais aucune idée de ce qu’était une boîte de conseil. Quand elles veulent lancer un produit, toutes les grosses entreprises ont besoin de faire des études de marché. Et au lieu de les faire elles-mêmes, elles payent un cabinet de conseil pour le faire. Dans ce genre de domaines, les langues sont très importantes, car elles sont considérées comme des compétences rares. Quant à moi, j’ai été flexible parce que j’étais ouvert à un autre métier que le journalisme, mais qui correspond à mon profil franco-allemand. Pour l’instant, ma situation me convient, mon travail me permet continuer l’allemand et il ressemble un peu au journalisme : j’appelle des personnes pour faire des interviews et en tirer des conclusions. Dans les méthodes, cela se ressemble, mais ce n’est pas du tout pareil.

« Je ne m’imagine pas travailler dans cabinet de conseil toute ma vie, parce que mon objectif premier est d’être journaliste. Je garde le cap, si ce n’est pas tout de suite, ce n’est pas grave. Quant à travailler en Allemagne – je ne suis pas prêt à lâcher ma famille pour partir. J’ai toujours envie d’y aller pour faire un voyage, rencontrer des gens, faire des missions, mais pas sur le long-terme. J’ai ma vie en France avec l’Allemagne dedans.

sbm (en janvier 2019) 

Mara Löffler

journalisme, traduction et écriture

« L’échange et la discussion – à la fois hors et dans le cadre des cours – m’ont fait du bien et m’ont forgée. »

Mara Löffler a fait sa licence en études franco-allemandes en 2016, une filière qui couvre beaucoup de matières et dans laquelle l’étudiant jouit d’une grande liberté quant aux choix des matières. Un séjour en France y est obligatoire. Mara l’a passé à la Sorbonne Nouvelle, dont elle garde de très bons souvenirs…

Avant mes études…

… « Je suis née en 1993 à Berlin Mitte, puis ma famille a déménagé dans l’ancien Berlin-Est. J’avais 10 ans quand on est partis s’installer à la campagne, dans un petit village dans le Brandebourg, à la limite de la Saxe-Anhalt. Ma famille a travaillé et vécu sur plusieurs générations a Berlin-Est. J’ai vécu une expérience totalement différente – consciemment ou non, mais dû à mon vécu à Berlin-Est – de celle de mes camarades de classe, dont les familles venaient de l’ancienne Allemagne de l’Ouest. » 

Ce qui m’a marqué… 

… « Juste avant d’arriver à la Sorbonne Nouvelle, j’avais déjà passé quatre semestres à la Freie Universität de Berlin, qui m’avaient entre-autres préparés à l’année en France.

Auparavant, j’avais fait des études en sciences de la communication et des médias à Leipzig pendant deux semestres – pour finalement me rendre compte que je ne voulais pas me spécialiser dans les relations publiques mais plutôt m’orienter vers le journalisme. Avant de partir à Paris, j’ai commencé à remettre en question ce désir de devenir journaliste. Et puis j’ai vécu de près les attentats en novembre 2015 et la manière dont les médias les ont traités. J’ai trouvé que certaines contributions étaient sensibles et nuancées, mais que ce n’était pas la majorité des cas. En revanche, la réaction des enseignants m’a parue très appropriée.  L’échange et la discussion – à la fois hors et dans le cadre des cours – m’ont fait du bien et m’ont forgée. En outre, cette expérience m’a amenée au magazine en ligne Krautreporter de Berlin, financé uniquement par du crowdfunding.  Elle m’a également amenée à la possibilité de pratiquer un journalisme différent, de qualité, et plus humain. » 

Mon expérience à l’étranger…

« Avant mon année à Paris, je n’avais passé que trois semaines à l’étranger : j’avais passé au total trois séjours dans le cadre d’un échange avec le WWOOF (Worldwide Opportunities on Organic Farms) dans le sud, au nord et au centre de la France. Tout cela a nourri mon intérêt pour la culture française et j’étais prête à approfondir mes connaissances. 

En 2015/2016 j’ai étudié à Paris durant un an dans le cadre du double diplôme international EIFA.  C’était une grande opportunité de faire le double diplôme franco-allemand, et la Sorbonne Nouvelle proposait une offre variée dans ma filière.

Au cours de cette année d´étude académique, j’ai été très chaleureusement accueillie et je me suis très bien sentie. Lors des séminaires, je n’ai jamais été tentée de me cacher : au contraire, je me sentais perpétuellement encouragée et invitée à suivre et à partager la discussion pour en garder le plus de contenu possible. Parfois, étant seulement deux étudiants de la Freie Universität dans cette filière, nous avions le sentiment d’être un peu trop zélées. Mais cela était dû à un véritable enthousiasme pour les matières, leur contenu et les professeurs.

Certes, les cours demeuraient scolaires, et il y avait plus d’enseignement frontal et moins d’autoformation qu’à Berlin. Mais la capacité d’initiative était encore plus demandée dans d’autre domaines, et ainsi le déroulement des cours ne m’a qu’à peine troublée.

J’ai la nostalgie d’un certain art de vivre lié à cette époque : la découverte d’un esprit nouveau, l’émancipation de ma famille et de son histoire (…), en même temps qu’une prise de conscience, du fait de l’éloignement géographique, la joie de vivre et les mille et une possibilités de la vie étudiante.  Découvrir le monde et vivre à l’international, évoluer dans un entrelacs de langues, participer à des discussions brillantes, faire l’expérience du mal du pays et enfin le passage à l’âge adulte ; tout cela a enrichi mon année en France. » 

 Après mes études… 

… « J’ai fait quelques voyages à travers la France en profitant de mes nouvelles amitiés pour connaître davantage le pays. A la fin de mon dernier semestre, j’ai laissé passer d’autres choses avant ma licence – j’ai notamment eu l’occasion de faire un long stage à temps plein au journal Krautreporter où j’ai appris les plus beaux aspects mais aussi les plus difficiles du travail en rédaction. Et puis, je suis tombée assez rapidement enceinte, sans l’avoir prévu, et nous avons déménagé avec des amis à la campagne. J’ai rendu le Bachelorarbeit peu après la naissance de ma fille. J’ai achevé mes études avec succès. 

Aujourd’hui, je suis enceinte pour la deuxième fois, et j’essaie de développer une forme plus souple de travail indépendant en parallèle. Je continue à écrire des textes pour des sites web et je fais des petites traductions pour des amis et des connaissances, (ainsi que pour le secrétariat et l’organisation) car cela me tient à cœur. Cela me suffit pour le moment, même si je voudrais sur le long terme continuer à me former, mettre en pratique ce que j’ai appris et faire de mes idées de véritables projets.

J’aimerais écrire plus de prose et enfin publier un livre pour enfants et adultes, qui les toucherait de la même façon, à la manière du livre Momo de Michael Ende. J’aimerais bien également participer à sa traduction. » 

mcs (déc. 2019)

Helen Chachaty

Journaliste pour Le Journal de l’aviation

« Ce que j’aimais dans le master de journalisme franco-allemand, c’étaient avant tous les travaux de groupe et l’association de cours théoriques et pratiques. »

Franco-autrichienne, Helen Chachaty étudie en collège et lycée internationaux. Cet environnement développe son goût pou les langues et les autres cultures. Elle décide donc de s’inscrire en double licence d’Histoire/Anglais à l’université Paris-Diderot, localisée à l’époque à Jussieu, de 2005 à 2008. Elle effectue sa dernière année de licence en Erasmus à l’université de Bielefeld en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.Suite à l’obtention de sa licence, elle se dirige vers le journalisme, et obtient son master de « Journalisme et médias en région » à Sciences Po Lyon en 2010. Elle s’inscrit alors en Master 2 de journalisme franco-allemand à la Sorbonne-Nouvelle, déjà sous la responsabilité de Valérie Robert. Outre la formation journalistique complémentaire, elle justifie son choix par la volonté de revenir à l’allemand.

Le master propose à l’époque quelques cours sur le site de Censier mais la plupart se déroulent à Asnières, laissant en souvenir à Helen Chachaty beaucoup de longs trajets entre les deux campus. Bien que ce master soit assez court (de septembre à janvier 2011, le reste de l’année étant consacré à un stage obligatoire), elle y apprécie les travaux de groupe, avec la petite dizaine d’autres élèves de sa promotion. Les cours de radio l’ont beaucoup marquée, et elle souligne la bonne répartition entre les cours théoriques et ceux proposant plus de pratiques. Elle est restée contact avec certains élèves, ce qui lui permet d’ajouter que ce master mène à toutes les branches du journalisme : l’un de ses anciens camarades est aujourd’hui pigiste pour des médias français, une autre réalise des documentaires de cinquante-deux minutes…

Helen Chachaty, quant à elle, effectue un premier stage de cinq mois au sein d’Euradionantes, où elle peut mettre en pratique ses cours de radio ainsi que son expérience internationale. Elle présente des journaux d’information et réalise des reportages sur l’actualité locale et européenne. Elle est ensuite stagiaire à Cols bleus, le magazine de la Marine nationale, et à la Badische Zeitung à Freibourg. Depuis six ans, elle est journaliste au Journal de l’aviation, pour lequel elle écrit sur l’actualité aéronautique, plus spécifiquement dans le domaine de la Défense. Bien que l’anglais et le français y soient prédominants, l’allemand lui sert encore parfois. Elle a pu découvrir et approfondir le monde de l’aéronautique petit à petit. Aujourd’hui, elle se sent bien dans ce qu’elle fait, et n’envisage pas de changer de domaine.

 oga (déc. 2017)

Anita Westrup

diplômée du master de jour-nalisme franco-allemand travaille à la chaîne de TV allemande ARD

« J’étais ravie de trouver un cursus qui me laisse beaucoup de libertés ».

Comment es-tu arrivée à la Sorbonne Nouvelle? Entre septembre 2012 et janvier 2013 je suis partie en Erasmus à Paris 7. Au départ je ne voulais pas trop aller à Paris, j’avais peur de me perdre dans cette grande ville. Là j’ai rencontré un garçon, ce qui m’a motivé pour retourner en France. Je suis donc rentrée en Allemagne pour envoyer des candidatures un peu partout pour le Master 1 et j’ai été prise en Information et communication.

Pour le Master 2 j’avais vraiment envie de faire le Journalisme franco-allemand à Paris 3. J’étais ravie d’avoir un cursus qui me laisse beaucoup de liberté, avec des cours au premier semestre et des stages au deuxième. En tout, j’ai fait 4 stages jusqu’en août puis j’ai passé ma soutenance. 

Après mon Master j’ai été quelque temps community manager pour Accord Hotel, je m’occupais des pages web de l’entreprise. Cela s’éloigne du journalisme mais ça payait assez bien. Ensuite j’ai été recrutée par un studio de correspondants pour une chaîne allemande en France qui avait besoin de renfort au moment des attentats de Paris. Le même studio m’a ensuite sollicitée pour la COP21. C’était très valorisant comme expérience, j’ai pu traduire des textes, sélectionner des morceaux d’interviews pour le JT.

En ce moment, je fais un « volontariat » d’un an et demi auprès de la chaîne allemande ARD, dans la sous-division du Bade-Wurtemberg. On était 400 candidats pour seulement 10 places. C’est une formation tri-médiale (journalisme web, radio et télévision). Je me suis acheté un camping-car parce que c’est une formation pour laquelle je dois beaucoup bouger dans le sud de l’Allemagne, j’alterne entre théorie, conférences, et pratique.

Comment je vois l’avenir ? Normalement je pourrais continuer à travailler pour l’ARD après mon volontariat, mais j’ai envie de changer d’univers. Déjà parce que si je continue, je devrais m’installer à Stuttgart, et c’est une ville qui pour moi ne bouge pas assez. J’ai besoin d’une ville vivante, j’ai besoin que ça pétille. J’envisage de retourner à Paris en tant qu’auto-entrepreneuse et de proposer mes reportages à des studios, mais il y a déjà beaucoup de correspondants allemands sur place qui n’apprécient pas trop les petits nouveaux comme moi. Une autre possibilité serait d’entrer chez Arte pour des remplacements de rédaction. L’idéal pour moi, ce serait qu’on m’envoie faire des documentaires. Les images me fascinent! J’ai envie de partir dans un pays francophone pour capturer de belles images pour la télévision allemande. Cela apaiserait ma soif de voyage. J’aimerai traiter des sujets en profondeur, sur la politique, la culture ou la société.

Ce que je retiens de mon passage à Paris et à la Sorbonne Nouvelle ? Paris est devenu pour moi une ville où je viens chaque mois recharger mes batteries. J’adore la vivacité et l’offre culturelle ici. Je me rappelle à Paris 3 de la cafétéria et de ce piano où, de temps en temps, quelqu’un venait jouer quelque chose. C’était un vrai moment de détente et de réflexion pour moi. A Paris 3 j’ai rencontré une journaliste qui faisait un reportage sur « les études à Paris », qui devait être diffusé en Allemagne. C’est une de mes profs de Master qui nous a transmis l’information. Cela a été enrichissant pour moi. Habituellement c’est moi qui embête les gens pour pouvoir les suivre et avoir un entretien, j’étais ravie pour une fois d’inverser les choses. Nous avons travaillé ensemble sur le reportage pendant tout mon Master 2, et nous sommes restées de très bonnes amies, elle m’a beaucoup aidé pour entrer dans les réseaux du journalisme.

ana (déc. 2016)

niklas gräser

chef de projet & de produit dans l’agence de presse DPA

Pourquoi avez-vous fait vos études au département d’études germaniques et qu’aviez-vous fait avant ?

« Pour être totalement franc, je ne connaissais pas grand-chose de La Sorbonne (et encore moins de La Sorbonne nouvelle) avant. Après mon bac en Allemagne près de Brême, j’ai commencé une formation dans le commerce international, mais j’ai tout de suite compris que ce n’était pas ce que je voulais faire. J’ai donc décidé de faire une année ailleurs et étant donné que la France a toujours été un de mes pays préférés, j’ai décidé de venir m’installer en tant que jeune garçon au pair, mais d’abord pour un an. Ensuite, en cherchant des études qui pourraient me correspondre, j’ai trouvé la licence franco-allemande dont j’avais déjà entendu parler et j’ai essayé de rester à Paris. Je pensais que c’était un choix raisonnable d’apprendre les bases dans les relations franco-allemandes en ce qui concerne les deux langues, les différences culturelles ainsi que l’histoire. Cela me permettrait d’améliorer mon français et devenir un expert dans ce domaine pour un jour devenir professeur, par exemple. 

Comment se sont passées vos études au sein du département ?

Les études se sont toujours bien passées. J’ai beaucoup apprécié cette ambiance chaleureuse entre étudiants. Forcément, comme on n’était pas si nombreux, on commençait à sortir ensemble, à réviser ensemble. J’ai aussi apprécié le mélange entre étudiants allemands et français – tout comme chez les profs qui, eux aussi, étaient français ou allemands (ou les deux). J’ai appris beaucoup de choses à La Sorbonne ce qui m’a énormément aidé. J’ai eu des moments difficiles où je ne savais pas comment tenir le coup, car je bossais beaucoup à côté et en plus j’habitais loin en banlieue. Puis j’ai eu des moments fantastiques. Mis à part tout le contenu que j’ai appris à la fac, j’ai surtout appris à organiser mon quotidien de manière à ce que je puisse avoir un travail ainsi qu’une vie privée équilibrée. Beaucoup d’étudiants s’y perdent.

Que faites-vous aujourd’hui et pourquoi ?

Lorsque je suis revenu en Allemagne, j’ai intégré une agence de communication à Hambourg. J’y ai rapidement pris en charge un client français actif dans le domaine de la logistique. Ensuite, j’ai intégré l’agence de presse dpa (Deutsche Presse Agentur) en tant que Chef de projet & de produit. Autrement dit je m’occupe des produits qu’on vend aux médias ainsi qu’au client business. Je suis également en charge des projets qui sont en rapport avec la langue française. Par exemple, nous accompagnons plusieurs projets européens, dont le newsroom européen (ensemble avec l’AFP et beaucoup d’autres agences) et la conférence sur le futur de l’Europe (conference on the future of Europe). Avoir des connaissances profondes en français, en anglais et en allemand m’aide énormément et me permet de rapidement créer des liens avec des français, des belges, etc. Vu que l’Europe est marquée par les relations franco-allemandes, je suis assez persuadé qu’il y ait un lien avec mes études à La Sorbonne. » 

Niklas 

inge orlowski

chargée du lectorat aux éditions guy binsfeld

Pourquoi avez-vous fait vos études au département d’études germaniques et qu’aviez-vous fait avant ?

Je fais partie de la première promotion de la licence « études interculturelles franco-allemandes ». Le cursus avait commencé à la rentrée 2014 à Paris mais à Berlin, où j’entamais alors une licence en Français et sciences politiques, les procédures n’avaient pas abouti à temps. Il a donc fallu recruter des étudiant.e.s côté allemand en cours de route, et j’ai eu la chance qu’on me propose cette opportunité. Je voulais de toute manière partir à Paris en L3 et avait par ailleurs hésité à candidater à des cursus UFA, et si je ne l’avais pas fait c’était uniquement pour des raisons organisationnelles. Ma décision a été vite prise. J’ai donc fait ma L3 en 2016/17 à Paris 3.

Comment se sont passées vos études au sein du département ?

Je n’étais pas particulièrement enchantée ni du campus, ni de la charge de travail qui me semblait exagérée (j’ai fait l’erreur, au cours de mon premier semestre, de vouloir fournir un aussi bon travail que ce qu’on attendait de nous à la FU Berlin), ni de la manière dont les étudiant.e.s sont infantilisé.e.s à cette fac. C’est pourquoi j’ai ensuite tourné le dos à l’UFA et à la fac française tout court pour la suite de mes études.

Je garde cependant un excellent souvenir de quelques cours – surtout les cours de relations franco-allemandes avec M. Ritte, des cours d’histoire de M. Owzar, et des cours des départements voisins (anglais et littérature comparée) auxquels j’ai pu assister. L’ambiance générale et l’attitude des enseignant.e.s envers les étudiant.e.s m’y semblait bien meilleure !

Pour résumer, j’ai passé quelques très bons moments d’apprentissage et de partage à Censier, mais mon bilan global reste pour le moins mitigé.

Que faites-vous aujourd’hui et pourquoi ?

À la fin de ma licence, et c’est certainement le plus grand apport de cette année-là pour moi, j’ai fait mon stage au Bureau International de l’Édition Française, qui m’a ouvert le monde du livre et de l’édition.

J’ai tenté après, en faisant une année de césure, de revenir à la médiation culturelle « pure » lors d’un long stage au Secrétariat général de l’Office Franco-Allemand pour la Jeunesse, mais à l’issue de ce stage (qui s’est par ailleurs très bien passé) il était clair pour moi que je voulais retourner dans le monde du livre.

Je souhaitais cependant également prendre le temps de creuser mon penchant pour la recherche en littérature contemporaine et j’ai choisi un master proposant tout le contraire du cadre ultra serré de Paris 3 : Kulturpoetik der Literatur und Medien à Münster. Ce cursus m’a offert des pistes de réflexion mais surtout une grande liberté de me créer un parcours à la carte, ce dont j’ai amplement profité, me spécialisant dans la sociologie de la littérature et les Book Studies.

Pour des raisons personnelles, après ma première année de master, j’ai eu l’opportunité de venir à Luxembourg, où j’ai pu faire un stage chez l’excellent éditeur littéraire Hydre Éditions, qui travaille en allemand et en français. J’ai enchaîné avec un stage chez l’éditeur généraliste luxembourgeois (et donc également multilingue) éditions Guy Binsfeld, avant d’être surprise comme tout le monde par le Covid. J’ai profité de l’enfermement pour prendre tout mon temps dans l’écriture de mon mémoire de master portant sur « Sabotage », une œuvre narrative quadrilingue écrite par Jeff Schinker et parue, justement, chez Hydre.

Enfin, depuis le premier janvier 2022, j’ai un CDI aux éditions guy binsfeld, où je suis chargée du lectorat (acquisition et rédaction), des ventes et acquisitions de droits, ainsi que de certains événements. Nous sommes une toute petite équipe et donc les tâches sont toujours variées.

Je partage ainsi mon temps entre la maison d’édition (3 jours / semaine) et la poursuite de mes études, car j’entame depuis cet automne un projet de thèse à l’Université de Luxembourg, portant sur les petits marchés du livre multilingues.

Anita Westrup, diplômée du master de journalisme franco-allemand travaille à la chaîne de TV allemande ARD

« J’étais ravie de trouver un cursus qui me laisse beaucoup de libertés. »

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Laure Etienne, journaliste et assistante de rédaction au magazine Polka

« Ils ont été très intéressés par ma spécialisation sur le journalisme franco-allemand »

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Guillaume Gorge, diplômé du Master journalisme franco-allemand, bientôt assistant- présentateur chez I-TELE

« Pour iTélé, L’usage de la langue allemande n’est pas nécessaire mais tout au long de mon parcours, notamment en tant que stagiaire, l’allemand a toujours été un atout, surtout lors des entretiens. »

Guillaume Gorge.pdf

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Konstanze von Kotze, journaliste pour la rédaction francophone de Deutsche Welle

 » Beaucoup de mes anciens camarades sont restés dans le journalisme, preuve que c’est une bonne formation. Le réseau marche bien : les stages redémarrent d’année en année. « 

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Anne-Julie Martin, journaliste et reporter freelance

« Le journalisme est un métier touche-à-tout, avoir une spécialité n’est pas négligeable »

Asnières à Censier – Ancien – Interview 

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Anne-Claude Martin, tout juste diplômée du Master Pro de Journalisme Européen parcours Allemand (promotion 2013)

« Lors de mes stages, je constate que parler allemand est un avantage évident. »

Asnières à Censier – Anne-Claude Martin 

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Catherine M. A. Offermanns, responsable de la rédaction France du site cosmopublic.eu

« Ma spécialisation franco-allemande et mon engagement bénévole seront un atout pour trouver du travail ».

Asnières à Censier – Catherine M.A. Offe

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Dirk Fuhrig, journaliste et directeur des programmes chez Deutschlandradio Kultur

« Asnières était une période décisive pour mon parcours universitaire et ma vie personnelle. »

Asnières à Censier – Dirk Fuhrig (journa

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Laurie Tierce, journaliste web bilingue allemand

« L’étiquette franco-allemande fait la différence quand elle est assortie d’un parcours cohérent. »

Asnières à Censier – Laurie Tierce (jour

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Jacques Pezet, journaliste fact checker à Libération

« Ce qui compte, c’est la motivation. »

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Juliette Gramaglia, journaliste-stagiaire, diplômée du Master pro journalisme franco-allemand en 2015

« Le franco-allemand est un atout. »

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Laure Bourron, directrice commerciale Europe chez Associated Press

« Ces études m’ont permis de me spécialiser dans le métier que je fais encore quinze ans après… »

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