Traduire le monde contemporain


Penser, écrire et transmettre les sciences humaines et sociales entre l’Allemagne et la France

ÉDITORIAL

Liebe Leserinnen und Leser,

wir freuen uns, Ihnen die 20. Ausgabe unserer Zeitschrift zu präsentieren – ein Heft, das sich der Frage widmet, wie Wissen zwischen Deutschland und Frankreich gedacht, übersetzt und vermittelt wird.

In einer Zeit, in der Europa zwischen Klimakrise, geopolitischen Spannungen und dem Ringen um seine Zukunft steht, wird das Übersetzen zu einer Machtfrage. Was übersetzt wird und was nicht, von wem und vor allem für wen. Jede Übersetzung ist eine Entscheidung: Der neue Essay von Annie Ernaux oder der Text einer deutschen Klimaaktivistin? Welche Ideen und Diskurse finden den Weg über den Rhein, welche bleiben unsichtbar?

Während in den 1970er Jahren Foucault und Derrida die deutschen Geisteswissenschaften prägten, bleiben heute deutsche Debatten über Erinnerungskultur oder die Energiewende in Frankreich oft unübersetzt – und damit ungehört. Übersetzen bedeutet hier sichtbar machen, aber auch: Orientierung. Welche Themen oder Diskurse das Nachbarland erreichen, bestimmen, was in der jeweils anderen Bevölkerung Gehör findet. In dieser Diskrepanz liegt eine politische Macht: Übersetzen ist nie neutral, sondern formt, welche Ideen zirkulieren dürfen und welche innerhalb der Grenzen gefangen bleiben.

Um dieser Asymmetrie entgegenzuwirken, braucht es Institutionen, die Brücken bauen. Die Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) wurde 1963 von dem Historiker Fernand Braudel gegründet und ist Frankreichs größte Stiftung für Geistes- und Sozialwissenschaften. Sie fördert jährlich internationale Forschende und setzt sich für freien Wissensaustausch und pluralistische Gesellschaften ein. Seit 1984 ist bei den Éditions de la MSH ein deutsch-französisches Übersetzungsprogramm angesiedelt, das in der Reihe „Bibliothèque allemande“ zentrale geistes- und sozialwissenschaftliche Werke aus den deutschsprachigen Ländern ins Französische überträgt. Das Programm wird in einer Kooperation zwischen der FMSH, dem Deutschen Akademischen Austauschdienst (DAAD), der École des hautes études en sciences sociales (EHESS) sowie dem Goethe-Institut realisiert. Diese Reihe und dieses Übersetzungsprogramm fördern den grenzüberschreitenden Wissensaustausch und stärken Europas interkulturelle Bindungen.

Doch wie erfolgt diese Übersetzungsarbeit konkret? Die Übersetzerinnen Anne-Sophie Anglaret und Anne-Emmanuelle Fournier zeigen in diesem Heft: Übersetzen ist ein kreativer Akt, der weit über reine Sprachübertragung hinausgeht. Fournier, die Judith Kohlenbergers „Fluchtparadox“ ins Französische übertragen hat, verdeutlicht, wie wissenschaftliche Begriffe zwischen den Sprachräumen vermittelt werden müssen und dabei neue politische Dimensionen erhalten. Die Frage der Sichtbarkeit stellt sich besonders bei marginalisierten Themen. Rainer Herrns Werk über das Berliner Institut für Sexualwissenschaft (1919–1933) macht eine fast vergessene Geschichte queerer Emanzipation zugänglich. Gwendoline Cicottinis auf Französisch erschienene Studie zu „verbotenen Beziehungen“ zwischen französischen Kriegsgefangenen und deutschen Frauen zeigt, wie deutsch-französische Forschung tabuisierte Geschichten ans Licht bringt.

Übersetzung hängt ebenso von institutionellen Strukturen ab und findet nicht im luftleeren Raum statt. Astrid Thorn-Hillig erläutert die Mechanismen hinter Verlagsentscheidungen, während sich zugleich neue Herausforderungen stellen: Wie verändert künstliche Intelligenz die Praxis? Emmanuel Droits und Pierre Karila-Cohens gemeinsames Werk über Autorität zeigt beispielhaft, wie deutsch-französische Ko-Produktionen neue Perspektiven eröffnen, indem sie historische Konzepte aus beiden Traditionen in Dialog bringen. Übersetzen bedeutet letztlich, Welten zu öffnen – denn nur was gehört werden kann, kann auch debattiert werden.

Wir wünschen Ihnen eine anregende Lektüre und laden Sie ein, die vielfältigen Stimmen rund um das Übersetzen zu entdecken, die in diesem Heft über Grenzen hinweg miteinander ins Gespräch kommen.

Helene Wolf

Chers lecteurs et lectrices,

Nous sommes ravis de vous présenter le vingtième numéro de la revue Pariser Platz – il se consacre aux questions suivantes : comment traduire le monde contemporain et comment les sciences humaines et sociales sont pensées, écrites et transmises entre la France et l’Allemagne.

Dans une Europe face à la crise climatique, aux tensions géopolitiques et à un avenir incertain, la traduction devient un enjeu de pouvoir. Ce qui est traduit, ce qui ne l’est pas, par qui et surtout pour qui ? Chaque traduction est une décision : le nouvel essai d’Annie Ernaux ou le texte d’une militante écologiste allemande ? Quelles idées et quels débats passent la frontière et lesquels restent invisibles ?

Alors que dans les années 1970, Foucault et Derrida influencent les sciences sociales et humaines dans les universités allemandes, de nos jours, les débats en Allemagne, par exemple sur la « culture de la mémoire » ou sur la transition énergétique, restent souvent intraduits, et passent donc inaperçus en France. Traduire signifie rendre visible, mais aussi guider. Les sujets ou les débats qui atteignent le pays voisin déterminent ce qui trouve écho dans la population de l’autre pays. Dans cette asymétrie réside un pouvoir politique : traduire n’est jamais neutre, mais détermine quelles idées peuvent circuler et lesquelles restent prisonnières des frontières.

Pour remédier à cette asymétrie, il faut des institutions qui agissent en tant que médiatrices. En 1963, la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) a été fondée par l’historien Fernand Braudel et est la plus grande fondation française pour les sciences humaines et sociales. Elle soutient chaque année des chercheurs internationaux et défend le libre échange des connaissances et les sociétés plurielles. Au sein de la FMSH, la « Bibliothèque allemande » publie, depuis 1984, des travaux de recherche franco-allemands et des traductions françaises de classiques allemands. La collection « Bibliothèque allemande » et le programme de traduction rendent accessibles au public francophone des monographies essentielles qui ont marqué le débat intellectuel germanophone et proposent des perspectives nouvelles sur les questions actuelles. Le programme est une coopération entre la FMSH, le Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAAD), l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) ainsi que le Goethe-Institut.

Mais comment se déroule concrètement ce travail de traduction ? Les traductrices Anne-Sophie Anglaret et Anne-Emmanuelle Fournier montrent dans ce numéro que la traduction est un acte créatif qui va bien au-delà de la simple transmission linguistique. Fournier, qui a traduit en français l’ouvrage de Judith Kohlenberger, Le Paradoxe de la fuite, illustre comment les termes scientifiques sont transmis entre les espaces linguistiques et acquièrent de nouvelles dimensions politiques. La question de la visibilité se pose particulièrement pour les sujets marginalisés. L’œuvre de Rainer Herrn sur l’Institut de science sexuelle de Berlin (1919-1933) rend accessible une histoire presque oubliée de l’émancipation queer. L’étude parue en français de Gwendoline Cicottini sur les « relations interdites » entre les prisonniers de guerre français et les femmes allemandes montre comment la recherche franco-allemande révèle des histoires taboues.

La traduction dépend également des structures institutionnelles. Astrid Thorn-Hillig explique les mécanismes derrière les décisions des éditeurs, tandis que de nouveaux défis se présentent : comment l’intelligence artificielle change-t-elle la pratique ? Emmanuel Droit et Pierre Karila-Cohen montrent, avec leur étude binationale sur l’autorité, comment le croisement des traditions historiques française et allemande produit des analyses inédites. Traduire, c’est en fin de compte ouvrir des mondes – car seul ce qui peut être entendu peut être débattu.

Nous vous souhaitons une lecture stimulante et nous vous invitons à découvrir les diverses voix autour de la traduction qui, dans ce numéro, s’engagent dans un dialogue au-delà des frontières.

Helene Wolf

Sommaire

Découvrez ci-dessous les entretiens réalisés dans le cadre du numéro 20 de la revue, ainsi que de nombreux articles répartis dans nos rubriques « Livres », « Qui suis-je ? », « Sur le vif » et « Lettres de ». Bonne lecture !

Judith Kohlenberger

Directrice de l’Institut de recherche sur la fuite, la migration et leur gestion à l’Université de sciences économiques de Vienne et chercheuse à l’Institut autrichien des affaires internationales

Franziska Humphreys

Directrice de la Maison Heinrich Heine, maison de l’Allemagne à la Cité internationale universitaire à Paris

Rainer Herrn

Historien de la médecine à l’Université Humboldt de Berlin (Charité), spécialisé dans l’histoire de la psychiatrie et des minorités sexuelles et de genre

Anne-Sophie Anglaret

Docteure en Histoire et traductrice spécialisée en sciences humaines et sociales

Anne-Emmanuelle Fournier

Interprète, autrice et traductrice en sciences humaines et en histoire de l’art

Astrid Thorn-Hillig

Responsable éditoriale de la collection
« Bibliothèque allemande »

Livres

Plongez dans cinq ouvrages qui questionnent et explorent les enjeux franco-allemands et, plus largement, internationaux.

Qui suis-je ?

Nous vous invitons à découvrir à travers ces différents portraits celles et ceux qui font de la traduction leur métier ou leur sujet de prédilection.

Sur le vif

Sujets, expériences et évènements en lien avec notre thème sont à retrouver dans cette rubrique !

Lettres de…

Découvrez ici les échanges vivants entre la France et l’Allemagne !


Diese 20. Ausgabe der Zeitschrift Pariser Platz ist das Ergebnis des im Wintersemesters 2025/2026 von Léa de Surmont (FMSH) und Bettina Sund (FMSH und EHESS) geleiteten Seminars « Projet de publication collective » an der Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3).
Das Webdesign und die Online-Veröffentlichung der Artikel wurden für diese Ausgabe von Tony Pfrieger übernommen.


Ce numéro 20 de la revue Pariser Platz est le fruit du
travail effectué dans le cadre du séminaire « Projet de publication collective », animé par Léa de Surmont (FMSH) et Bettina Sund (FMSH et EHESS) à l’Université Sorbonne Nouvelle (Paris 3).
Le webdesign et la mise en ligne des articles ont été assurés par Tony Pfrieger pour ce numéro.

Bibliothèque allemande

Programme de traduction