Je suis née en 1982 à Trappes, dans les Yvelines, et dès mes premières années, ma vie a été rythmée par une succession de déménagements. J’ai commencé l’école en région parisienne, entourée des bruits familiers de la capitale. Puis, ma famille a pris la direction de la Bourgogne, avec ses paysages vallonnés et ses villages aux toits de tuiles. C’est là que j’ai poursuivi ma scolarité en primaire et fait mes premiers pas au collège. Mais bientôt, un nouveau déménagement a pointé à l’horizon : cette fois, nous nous sommes installés à Belfort, en Franche-Comté, où j’ai terminé mes années de collège et franchi les étapes marquantes du lycée.
Au collège, un choix décisif a façonné mon avenir : j’ai opté pour l’allemand comme langue vivante. Ce n’était pas un hasard. Mon grand-père allemand et ma grand-mère autrichienne parlaient souvent cette langue mystérieuse entre eux. Leurs conversations me fascinaient, et je voulais comprendre leurs mots, leur monde. Ce désir d’apprentissage s’est intensifié au lycée, où j’ai suivi l’option « spécialité allemand ». J’étais l’unique élève de cette option, ce qui a rendu l’expérience unique. Mes cours se déroulaient en tête-à-tête dans le CDI, un cadre presque intimiste qui m’a permis de plonger au cœur des œuvres littéraires et d’approfondir mes connaissances à une vitesse surprenante.
Après le baccalauréat, l’envie de continuer à explorer les langues m’a conduite vers un BTS Tourisme à Strasbourg. Là, j’ai perfectionné mon anglais et mon espagnol, deux langues que j’avais déjà travaillées en classe européenne. Mais très vite, une frustration est apparue : ce cursus manquait cruellement de contenus sur la culture et la linguistique des pays germanophones, qui m’attiraient tant. Déterminée à suivre mes véritables aspirations, j’ai intégré l’université de Strasbourg pour une Licence LLCER allemand, avant de poursuivre avec un master Mondes germaniques. Ces études m’ont naturellement amenée à préparer les concours de l’enseignement, puis à m’engager dans un doctorat.
Mes recherches universitaires reflètent mon amour pour les cultures germanophones. Mon mémoire de maîtrise portait sur l’« Ostalgie » dans le cinéma allemand, à travers trois films emblématiques : Goodbye Lenin, Sonnenallee et Berlin is in Germany. Ce sujet me passionnait, car il mêlait histoire, culture et mémoire collective. Mon second mémoire, quant à lui, explorait la communauté germanophone de Belgique sous un angle linguistique, soulignant mon intérêt pour les liens entre langue et identité.
Un moment clé de mes études a été mon année en Allemagne, à Leinfelden-Echterdingen, près de Stuttgart. En tant qu’assistante de français dans un lycée, j’ai découvert de l’intérieur le système scolaire allemand. J’ai été frappée par les différences dans l’organisation des journées et la vie scolaire, qui semblaient refléter une autre philosophie de l’éducation. En parallèle, j’ai suivi des cours à l’université de Stuttgart, où j’ai approfondi des sujets comme l’histoire franco-allemande et les études filmiques. Cette immersion a enrichi ma vision des cultures germaniques et a renforcé ma passion pour l’enseignement.
Ma carrière a réellement débuté en 2009, à Strasbourg, où j’ai eu la chance d’enseigner dans des contextes variés : lycée, classes préparatoires, université. Puis, en 2022, une nouvelle page s’est ouverte à la Sorbonne-Nouvelle. J’y apprécie particulièrement la richesse culturelle et la diversité des étudiant·es, qui rendent chaque cours vivant et stimulant. J’enseigne avec enthousiasme la grammaire et la linguistique allemandes, la traduction, et j’ai le privilège d’encadrer des mémoires de recherche, un aspect du métier que je trouve profondément gratifiant.
En dehors de l’enseignement, les langues occupent toujours une place centrale dans ma vie. Je m’intéresse à leur pouvoir de façonner la pensée et la culture. Outre l’allemand, je m’efforce d’approfondir mon anglais, mon espagnol, et même le russe et le japonais. Mes deux voyages au Japon ont été des expériences marquantes, tant ce pays m’a fascinée par sa richesse culturelle et ses contrastes. Mes loisirs complètent cette quête d’évasion : le théâtre, les expositions, l’escalade et la course à pied rythment mon quotidien.
Mais ce qui me motive le plus dans mon métier, c’est ce moment magique où tout s’éclaire pour un·e étudiant·e. Lorsque je vois une étincelle de compréhension illuminer leurs yeux ou que je les accompagne jusqu’à la soutenance de leur mémoire, je sais pourquoi j’ai choisi cette voie. C’est un privilège d’ouvrir des portes et d’aider à construire des ponts entre les langues, les cultures et les esprits.
JM